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Espace poésie-SlamSlam des mots démodés...
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July 05 Vieillir en Archipels************** Vieillir n'est plus que le plaisir d'aller cingler vers les récifs les contourner gagner la mer libre et venir mouiller dans nos criques abritées des alizés Vieillir n'est plus que le plaisir d'attendre d'embarquer au son des marteaux au long des pinceaux qui calfeutrent la coque reposant immobile en cale sèche Vieillir n'est plus que le plaisir de sentir le vent qui se lève mon sexe dru en figure de proue tes rondeurs en figure de croupe que je berce d'huiles essentielles essentielles au tracé secret des figures de poupe Vieillir n'est plus que le plaisir de ne voir dans chaque nouveau sillon qui parchemine nos peaux que le chemin nouveau de caresses que carte indiquant nos îles au trésor qui écarte le trajet de nos langues en ruisseaux humides divergés Vieillir n'est plus que le plaisir de sentir ses chairs s'alourdir au bénéfice de savoir que l'on pèsera plus au cœur de l'autre et que le poids des ans ne fait que nous comprimer l'un vers l'autre plus fortement Vieillir n'est plus que le plaisir d'oser enfin ce que l'enfance a perdu ce que l'adolescence a refusé ce que l'adulte a gâché le droit absolu, au regard des autres, d'êtres des amants indignes Et vieillir n'est alors plus que la folie de brûler la poudre de ses heures sans regrets ni remords à n'attendre que de se retrouver sachant que seule la mort nous permettra enfin d'être quelque part ensemble pour l'éternité, prisonniers d'un quotidien qui n'aura pas besoin de nous tuer *************** July 02 L'Essence de la Soie************* Tissant mes nuits de Chine aux proverbes immémoriaux navette de machine défroisse l'empire... ta peau Loin des douceurs acryliques ta soie plus qu'une caresse plus qu'une ivresse Un temps loin des couleurs idylliques Le temps n'est plus que l'instant de vivre le temps n'est plus que le moment de toi le temps s'acharne à s'oublier dans la mémoire de nos fusions le sang qui bat les fluxions Proche de l'exsangue ta soie se meut au fil du fleuve jaune se blottit au cours du fleuve bleu un cri proche de l'âme des oiseaux pêcheurs de reflets sanglants... Le cri de mourir n'est plus que l'absence le cri de plaisir n'est plus que silence le cri sans fin d'un poumon qui appelle l'air brûlant du goût poix bouillante de l' assaut d'une citadelle qui s'ouvre Une armée de Chrysalides de cothurnes hérissée hoplites en cimiers fantômes terrassés cadavres impavides [...] Ne restent du combat que la soie son souvenir doux comme le mirage des peuples qui pleurent plus qu'une espérance la certitude du crépuscule repoussé D'une vie qui se dévide à trouver son chemin à craindre les embruns à frissonner la froidure de l'incertain Pour ne plus rêver que de glisser sous un drap de soie sauvé des cochenilles au creux de toi ********* June 25 Un Possible... La respiration coupée comme un glaive qui décharne un doux chariot tiré à la sueur des larmes L'effort comme une nécessité un crépuscule qui devance la parole coupée Les tabous plantés aux pieds des montagnes interdites les tambours du sang qui palpite les rites des mystères anciens Se tenir à genoux devant la dévotion terrible des lois dont on ne cicatrise pas? Les mots seuls en trains de nuits celui qui dit en garde-barrière celui qui lit en garde malade celui qui vit patiente Tout devient poésie de l'impossible écrire en transgression du dépassement de soi immobile mouvement perpétuel de l'horloge de l'espace Arquer le désir pour déchirer les possibles vouloir une liberté autre que la mort n'y a t il pas d'autre objet que soi ? Le Soi impossible le toi impossible le vous impossible aussi Car ici les mots ne disent pas ils ne font qu'être ressentis en prison, nés en tisonnier Lecteur cannibale lecteur rêvé lecteur entité lecteur entêté Invité à un festin dont il ne partage rien que le fumet excitant la mémoire de ses papilles Caressant les impossible dans la tiédeur obscène du regard qui boit et qui croit... ... Pantoum des regards*** C.K.Quand le désir se retire il meurt en gerbe d'écume tes jambes belles s'étirent en ailes de douces plumes Il meurt en gerbe d'écume et devient le sédiment en ailes de douces plumes se déploient élégamment Et devient le sédiment d'un amour de dur granit se déploient élégamment vertige, toujours m'habite D'un amour de dur granit érigé comme un menhir vertige, toujours m'habite quand le désir se retire... *** Vient l'écume du désir pour mourir sur l'île nue âge assoiffé de plaisir je bois ta vague éperdue Pour mourir sur l'île nue douce brûlure d'eau salée je bois ta vague, éperdue lave rose cicatrisée.... Douce brûlure d'eau salée sur la plage se noyant lave rose cicatrisée chaleur d'amour irradiant sur la plage se noyant sable chaud en devenir Chaleur d'amour irradiant vient l'écume du désir... *** Je sais quand tu me lis
Une rose d’automne est plus qu’une autre exquise.
Agrippa d’Aubigné *** Je sais, quand tu me lis
que mes mots viennent déchirer l'hymen de ton âme à chaque fois renouvelé par la virginité de l'invention ... Je sais, quand tu me lis que tous ces mots nous lient corde tendue, nœud coulant pendaison infinie de la crémaillère de nos passés devenus notre logis ... Je sais, quand tu me lis la tache humide sur le ciment qui cimente nos envies mots-fenêtres au rebord de la vie mon regard te fait venir au monde ... Je sais quand tu me lis que nous partageons le même lit buvons le calice jusqu'à la lie et quand le temps nous aura fait le dernier hallali nous nous aimerons enfin libres d'éternité *** -------------------- De la musique avant toute chose... O ! Qui dira les torts de la rime. Verlaine June 19 Pantoum de Nuage*** Mon nuage porte ces promesses dans la rondeur de ses flancs emplis le printemps d'un amour qui se tresse terre labourée, sillons d'envies Dans la rondeur de ses flancs emplis le vent, un si doux lavis dessine terre labourée, sillons d'envies assoiffée d'humides sonatines Le vent, un si doux lavis dessine vient mouiller un banc, abandonné assoiffé d'humides sonatines un soir d'été se souvient, léger Vient mouiller un banc abandonné pleurent les frissons, vents et marées un soir d'été se souvient léger le temps qui passe et qui vient s'ombrer Pleurent les frissons, vents et marées nuage gonfle,grâce subtile le temps qui passe et qui vient s'ombrer d'un automne fertile, rouge d'îles Nuage gonfle, grâce subtile se déchire et vient répandre la pluie d'un automne fertile, rouge d'îles luxuriance des danses et si... Se déchire et vient répandre la pluie les grains font refleurir sans cesse luxuriance des danses et si... grande la dentelle de caresses Les grains font refleurir sans cesse jusque dans l'hiver qui vient enneiger grande la dentelle de caresses qui fait encor' blanchir mon harnais Jusque dans l'hiver qui vient enneiger car jamais ne se meurt le nuage qui fait encor' blanchir mon harnais et fait vivre l'envie du passage Car jamais ne se meurt le nuage des larmes évaporées sans cesse et fait vivre l'envie du passage mon nuage porte ces promesses *** June 14 Je ne suis pas Duhamel..., mais j' travaille du ch'apo !!*** Je ne suis pas Duhamel encore moins du hameau et je n'ai rien du chameau ou même de l'abbé Chamelle Je suis joueur de flûte de Hamel je charme les petits marmots pour dans leurs yeux fair'briller des sanglots Non vraiment, je ne suis pas Duhamel... encore moins du hameau on m'a pris pour Armand Jamot plus rarement pour Djamel je ne suis pas le poulain d'Amélie Theuriau Je fais pétiller les jeux d'eau de Ravel avec des vers en touches de piano pour faire chanter la musique que j'ai dans la peau Non vraiment, je ne suis pas Duhamel... encore moins du hameau si je rate une poésie, par manque de pot dès lors, qu'à Dieu ne plaise, me tuerai-je comme Vatel? Au hasard je remplis mon escarcelle je couture mes cicatrices de bande velpo et je trace la route linéaire d'Apo Sous le pont Mirabeau je ne bois pas de mirabelle Non vraiment, je ne suis pas Duhamel... encore moins du hameau je n'écris pas la paimpolaise, kenavo je ne suis pas, qu'à Dieu ne plaise, Théodore Botrel Y a Alain et Olivier chez les Duhamel Et puis Georges qu'est un vieux poteau à gratter ma plume j'voudrais leurs biscottos Non vraiment, je ne suis pas Duhamel... encore moins du hameau j'écris qu'à Dieu ne plaise, dans les trémolos, la peau d'Ephèse et des trucs rigolos... des accords de quenelle Si je chante cette stupide ritournelle d'Hagondange à Palaiseaux c'est que je ne suis pas Duhamel et encore moins du hameau... *** Arme moire*** C'est une armoire éventrée par la mitraille des ans bois vermoulu picoré dont le vernis se lézarde Ces tiroirs dissymétriques aux jointures défaillantes tirent leur langue au passé dans le présent édenté Et dans le tiroir du haut des draps tachés et froissés repliés en ossuaires témoins muets et complices des étreintes solitaires Où deux cœurs venaient s'amarrer Dans le tiroir du milieu sur un papier fort hideux jaune du temps des étoiles sec du temps du marché noir Une paire de gants noirs de dentelle Et dans le tiroir du bas un nécessaire à couture si propre à rafistoler notre mauvaise mémoire Des ciseaux rouillés et une bobine de bois la dorure des poignées est depuis longtemps passée le vernis des apparences craquèle sous le regard Si j'avais de l'humour j'aurais signé Bernard Buffet ou mieux... Jean Dubuffet *** El Dorado***
Moi j'ai trouvé l'or de ses cheveux et l'émeraude de ses yeux de la douceur dans ses adieux dans ses bonjours, dans ses bon Dieu Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso chercher, toujours, ce qu 'il y aurait de plus beau Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso me brûler le cœur à rêver l'El Dorado Moi J'ai goûté les mille baisers que sa bouche a enfin osé j'ai trouvé le miel et l'été le vent du large à ses cotés Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso chercher, toujours, ce qu 'il y aurait de plus beau Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso me brûler le cœur à courir l'El Dorado Moi j'ai essuyé ses coups de sang ses coups de peur, ses coups de vent ses déserts, carême prenant ses larmes ses drames souvent Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso chercher, toujours, ce qu 'il y aurait de plus beau Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso me brûler le cœur à voler l'El Dorado Moi J'ai jeté l'ancre dans sa baie j'ai jeté l'encre des rabais j'ai jeté l'anse des regrets me gravant en son cœur de grès Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso chercher, toujours, ce qu 'il y aurait de plus beau Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso me brûler le cœur à bercer l'El Dorado... Moi Je ne navigue plus vraiment que pour suivre un nuage blanc il est mon cap, ma pluie, mon vent mon étoile, mon engoulevent Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso chercher, toujours, ce qu 'il y aurait de plus beau Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso me brûler le cœur à pleurer l'El Dorado... *** May 29 Marine à Voiles La magie de la voile qui se tend vers l'horizon toujours désiré au vent puissant des dérives Ressac rythme infini les embruns y font l'amour avec la plage et jouissent d'écume Conque au son grave et nécessaire corne de brume sémaphore du vouloir Désir tendu en figure de style désir tendu en figure de proue J'ai toujours chéri la mer et ses caresses et ses sirènes moi l'Ulysse enchainé au gourvernail Je ne serai jamais Jim Hawkins je n'ai pas quitté l'Amiral Penbow Je ne serai jamais Billy Budd je ne suis que gabier de misère Je ne serai jamais Lord Jim même si j'ai abandonné mon Patna moi aussi Je ne suis qu'une sorte de Corto Maltese qui écrit et qui rêve de marine à voile de pont que l'on brique de hunier et de nid de pie et à peine aimerai-je un steamer et les femmes sont des océans............ Officier de marine marchande à la barre d'un vieux cargo je rêve de pirateries, de contrebandes de Nantes à Valparaiso ![]() Et se tait à mes songes le sang des suppliciés des mousses violés des bois d'ébêne enchainés du fouet des quartier maitres des épices volées des pendus aux grandes vergues des scorbuts assassins des boulets éventreurs de mitraille triste vitrail de vérité ![]() Illustrations de François Bourgeon May 28 Décharmé de la modeTrouver de la beauté dans les rides qui creusent dans les chairs épanouies dans la peau qui parchemine dans les rondeurs de la vie dans l'être et sa substance dans les joies, les peines les tourments Accepter le temps qui passe la maturité resplendissante le galbe d'une hanche un sein alourdi Charger enfin la vieillesse et les corps arrondis de la torpeur qu'ils méritent du droit à l'extase Pour cela il suffit d'arrêter de nier l'issue qui nous guette stylistes, osez enfin habiller nos crépuscules qui sont je l'affirme des couchers de soleil May 21 Il me manqueIl me manque Il me manque ton parfum harmonie de l'essence d'un encens qui brûlerait au temple du silence L'acanthe et la myrrhe les trésors de l'Arabie le nard et l'aloès embaument mon roseau odorant d'envies De rose, d'iris, de lys, et de jasmin des péristyles de Corinthe impuissants souverains d'alabastres ne peuvent remplacer, en vain, ma complainte Le souvenir de ta fragrance danse le romarin la fleur d'oranger aux alcools éthyliques au sel de ta peau comme un suc marin Me ganteras tu de vanille aux jours déjà prochains où le gingembre et le musc, l'ambre gris des cachalots fougères boisées d'une forêt d'embruns Epouseront le miel, le tabac, le bouleau en tapis de senteurs nos corps volatils, excipients humides pour l'âcreté des douceurs Nous jouerons la mélodie entêtante peuplée de notes de tête, de notes de cœur de notes de fond qui du frangipanier jusqu'à la bergamote apaisent la peur De tes yeux coulent les eaux légères des miens les eaux solides qui font de nos rancœurs la toilette et caresse d'huile l'essentiel de nos vides Ton manque me remplit mystique quête odorante tes parfums comme instrument ton souvenir... une errante ... May 19 BaltiqueA peine anobli par son Nobel Pär Lagerkvistmangea une sardine Lagerkvist,ça n'est pas une sardine
qu'il a mangé mais un hareng de la baltique Charles Trenet ensommeillé au guéridon d'un futur glacé déshabilla une sardane Mais jamais Trenet n'aurait déshabillé une sardane un sarde éventuellement mais pas une sardane Tristan Tzara en longilignes agapes l'eau minérale s'esclaffe Sardanapale!! Il ne saurait être réponse à la chute du dollar que Tristan Tzara aille ailleurs qu'en Sardaigne les murs de la pensée sont des soufflets que je perce de ma sarbacane Mécanique gonflée prêt' à se dérouter au pèse personne d'un arbre à came Entre deux cafés d'art et essai Georges Clooney séduit en sarabande Et le mai de la place des folles embaumé danse un tango incertain ... May 16 Beau mois de mai, charmant et gaiDe cette montagne ne subsiste qu'un col mais c'est un col Mao De cette tempête ne subsiste qu' un vol mais c'est un vol de gerfaut De cette aubade ne subsiste qu'un souvenir mais c'est un souvenir nostalgie Mon père était en grève je n'ai mangé pendant un mois que des spaghettis On allait aux courses dans des camions militaires j'avais sept ans je jouais à la guerre Les poubelles s'amoncelaient je ne savais pas encore qu'elles deviendraient notre modèle de société ... May 15 Mais où sont les fesses d'antanA François Villon... ![]() Dites moi où, en quel pays vivons nous, et en quelle époque quand la chair se fait rabougrie silhouettes étiques de toc à la maigreur, bonheur on troque à la minceur vont les serments sous ma dent, plus rien je ne croque mais où sont les fesses d'antan? Ô Rubens, rondeurs infinies mes mains emplies, viens je t'estoque ô Boucher jolie boucherie les culs ronds durcissent mon roc tels les seins, les ventres ad hoc plaisir des yeux, commencement de cette jouissance baroque mais où sont les fesses d'antan? Sous les robes enfin rebondies oscillent les deux pendeloques dont le mouvement me ravit et m'en fait rêver la défroque briser mes œufs à ces deux coques les honorer absolument callipyges sans équivoque mais où sont les fesses d'antan? Mais ma divine comédie en enfer brûle sacrément Diététique tue mes envies mais où sont les fesses d'antan? ... Ballade de l'étambotEcoutez amis, frères en poésie la ballade ici, gravée en cursive à la pointe douce, ciseau des envies trouvant l'étambot des vieilles dérives car moi qui jadis courait les lascives les gueuses allant biques, même les pintades en danses joyeuses, le style en bravade sans la moindre foi, bref irrémissible jusqu'à ce que toi, désarme l'alcade ne te savais pas, mon amour, possible En lettres de feu, Parnasse gravi mes mots sont venus mourir à ta rive langage en épave étrave engloutie au ressac cinglant, écume en missives folie est poison, meurt notre qui-vive mais les mots-prisons cerclent l'algarade tombe en pâmoisons, et meurt l'ambassade des malentendus oser le tangible déchirer le voile, oser l'embrassade ne te savais pas, mon amour, possible Ton amour fusion, baiser minutie mon amour de fer, viens que je t'écrive ton amour épreuve, viens que je t'envie mon amour pervers, ton jeu me ravive ton amour d'enfer, mon âme est captive mon amour espère, jouer l'embuscade ton amour revers, terrain d'escapade mon amour avers, tendre et permissive ton amour de lave marquise de Sade ne te savais pas, mon amour, possible Chaque nuit qui passe, j'attends l'empoignade et mes reins blessés fatiguent l'aubade de ton corps baisé d'un rythme invincible quand enfin nos heurts portent l'estocade ne te savais pas, mon amour, possible ... May 01 Pantoum érotique 4Tellurique Je ferai de ton ventre mes jardins propres à faire fleurir mes semences grondent tes antres à mon jeu libertin s'offrent ainsi les frasques de nos sens Propres à faire fleurir mes semences ondulent tes monts et tes sillons s'offrent ainsi les frasques de nos sens de ta bouche à ta colline de Sion Ondulent tes monts et tes sillons et mon soc creusant tes glaises humides de ta bouche à ta colline de Sion je sarcle et je bine tes flores avides Et mon soc creusant tes glaises humides croît la chaleur de ta géothermie je sarcle et je bine tes flores avides en ingénieur de ton agronomie Croît la chaleur de ta géothermie au pied de ta forêt, j'hume l'humus en ingénieur de ton agronomie ma bouche laboure au son d'l'angélus Au pied de ta forêt, j'hume l'humus âcres senteurs m'enivrant de tes rides ma bouche laboure au son d'l'angélus tes mousses humides aux plis si avides Acres senteurs m'enivrant de tes rides explorant secrètes vallées de chair tes mousses humides aux plis si avides terres fatiguées, j'ose les jachères Explorant secrètes vallées de chair sens le manche de mon outil habile terres fatiguées, j'ose les jachères tes terres brûlées seront plus fertiles Sens le manche de mon outil habile lui, dans tes trois grottes, se stalagmite tes terres brûlées seront plus fertiles en toi, et sodomite et troglodyte Lui, dans tes trois grottes, se stalagmite et jaillit sa lave en fusion, festin en toi, et sodomite et troglodyte Je ferai de ton ventre mes jardins ... April 28 Chaconne, avec basse obstinéeJe fais la bure je fais la bure je fais la bure dont les moines sont rois! Au joli temps jadis bergers et pastourelles parmi les champs, les lys au son des tarentelles des guerres et des haines pourchassaient les nuages de leur mauvaise haleine dents pourries en barrage Je fais la bure je fais la bure je fais la bure dont les moines sont rois! En tableaux de Watteau de Poussin de Boucher vieillards et marmots du lever au coucher s'astreignaient à la tâche petits travaux menus verte morve en moustache et puis la crotte au cul Je fais la bure je fais la bure je fais la bure dont les moines sont rois! Gracieuse marquise mouche sur teint poudré épaule offerte exquise alanguie et pâmée diaphane au revers au jeu d'amour rompue baisers au goût de glaires corolle zébrée de pus Je fais la bure je fais la bure je fais la bure dont les moines sont rois! Donc aux fêtes galantes osons la ritournelle invitées sont les lentes tournent les écrouelles et l'odeur de fromage dans les apoplexies des pieds monte en hommage pauvre prophylaxie Je fais la bure je fais la bure je fais la bure dont les moines sont rois! ... April 19 Aimer Césaire
Aimer Césaire
Mégamylase
Mégamylase
Lire attentivement la notice Composition qualitative et quantitative pour l'édition reliée: Classe pharmaco-thérapeutique: concepts à visée inflammatoire Attention! Dans quels cas ne pas utiliser Les Nourritures Terrestres Les Nourritures Terrestres ne doivent pas être utilisées -antécédents d'allergie aux Caves du Vatican Précaution d' emploi: Les Nourritures Terrestres d'André Gide ne sont pas adaptées Ne pas utiliser Les Nourritures Terrestres d'André Gide Interactions: Afin d'éviter d'éventuelles Grossesse-Allaitement: Il est préférable Si vous découvrez Comment utiliser Les Nourritures Terrestres d'André Gide: Reservé à l'adulte Trois fois par jour entre les repas Effets non souhaités et gênants: - saignement des gencives, Précautions particulières de conservation: Entre Proust et Mauriac April 16 Le plan de l'elliptiqueJe dors. C'est déjà demain. je vagis sur les sentiers de l'abandon avant que de murer mon silence Je dors. C'est déjà demain. La peur du regard qui transperce le genou ouvert jusqu'à l'os Je dors. C'est déjà demain. Compagnon de mon père à chemise de carreaux dans le jardin des oiseaux morts Je dors. C'est déjà demain. J'escalade les marches du sens, quatre à quatre le souffle expiré, deux fois plus qu'il n'inspire Je dors. C'est déjà demain. Soldat d'une armée d'occupations diverses je monte la lame jusqu'à la garde Je dors. C'est déjà demain. Je rejoins l'odeur des pluies de leur enfance la trompette et l'orgue s'estompent Je dors. C'est déjà demain. A l'hôtel des trois faisant sans maitre jojo ni mettre pierre, je collectionne les impatiences Je dors. C'est déjà demain. Travailleur immigré qui glisse dans la colonne vertébrale chaque matin que Dieu fait Je dors. C'est déjà demain. Elle vient enfin, me met en déroute je n'y vais pas par quatre chemins Je dors. C'est déjà demain. Bientôt au jardin qui cultive le souvenir je pousserai en fleur de pierre Je dors. C'est déjà demain. Je pourrirai en oubli, goutte de poussière perdu dans l'infini, devant les ponts Je dors. C'est déjà demain. ... Copenhague 3Le Manneken Pis Danois Vêtu des habits neufs de l'empereur touriste me sentant veuf parmi les bœufs d'un troupeau triste vilain petit canard, un peu bégueule, anar longeant les quais vers le Kastellet sans drakkar croisant cygnes sauvages, belles reines des neiges bergères sans ramoneur au bonheur cortèges des petites filles à l'allumette allumeuse le soleil froid de Copenhague l'enjôleuse Déambulant et bullant sur Langelinie seul dans la file de pèlerins infinie précédé et suivant la théorie de fions s'extasiant devant la fontaine de Géfion parmi les imbéciles, et tout aussi con devant ce bronze inutil', digne d'un étron jusqu'à la nausée dans cette foule compacte j'arrive enfin aux escaliers de cataracte Déversant ses flots d'allemands parlant des mains d'italiens disciplinés aux regards déteints d'américains cultivés, japoniais nikkon de riches nouveaux russes en ruches si bouffonnes océan avide qui tourne à vide et tonne qui salit de son écume la statue qu'elle viole minuscule enfant décapitée, effrayée d'être un symbole, rêvant d'être simple objet Tu n'es pas vraiment belle, toi qui se décline s'étiole agonise et meurt en merchandising ne suis pas vraiment beau qui moi aussi m'incline et bêle à ta beauté en remarques bovines me souviens de la boutique de souvenirs que je voudrais oublier, voire même fuir peut on jamais assouvir sa faim délétère doit on payer pour la mémoire mise en bière? ... April 08 Que l'Apnée soit sur le mondeL'Apnée sur le monde chanson à poire Que l'apnée soit sur le monde pour les cents millions de haines dons, nés mous, mille hécatombes à tous les sommeils lavant Dons, nés mous, mille hécatombes et d'émissions d'ires, rondelles fête un jour, que tous les rhums nous adviennent pour cent ans Deux mains c'est tout et demain plus de terre deux mains, atouts les cantons dormiront sous les pleurs un comble joli est un comble où l'on lit sans heurts Mireille en verdît Miracle en verlan oracle établi en bêlant ... March 20 AbolitionQuitte ce chemin de fer éclabousse ton encre d'obscurité cache toi pour te montrer ce à quoi servent les masques Quitte tes broderies de menthe et de sauge désarticule tes herbes langagières Fait de ton désir un tramway une poitrine qui se déchire en appelant les étoiles Toi qui vis sur la place aux grilles dorées ville féale de ma cité Le trajet, métonymie du temps la poésie, paronymie du sens l'écriture, toponymie du vent ... March 09 Armes de fielLarmes de chiffon larmes de salades larmes de prison de panier à salades Larmes à l'œil sans payer larmes d'écueil larmes d'écumes Des larmes au rire au larmes qui désarme tristesse passée par les armes passant larme à gauche L'arme des mots qui exécutent l'arme des rires qui transpercent l'arme du mépris qui s'acharne l'arme de la rancœur sans cœur Je n'ai jamais aimé le bruit des armes qui fauchent les âmes des nuages fusillés Je n'ai jamais aimé le bruit que fait la haine les sentences, les peines les viols d'intimité .....
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