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Espace poésie-Slam

Slam des mots démodés...

Daniel

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<"Des milliards d'individus vivent et meurent sans connaître Shakespeare, Dostoïevski, Rembrandt ou Kafka. Alors que je meure sans me connaître ce n'est vraiment pas grave.">
...
Michel POLAC
July 05

Vieillir en Archipels



**************


Vieillir n'est plus que le plaisir
d'aller cingler vers les récifs
les contourner
gagner la mer libre
et venir mouiller
dans nos criques
abritées des alizés

Vieillir n'est plus que le plaisir
d'attendre d'embarquer
au son des marteaux
au long des pinceaux
qui calfeutrent la coque
reposant immobile
en cale sèche

Vieillir n'est plus que le plaisir
de sentir le vent qui se lève
mon sexe dru en figure de proue
tes rondeurs en figure de croupe
que je berce d'huiles essentielles
essentielles au tracé secret
des figures de poupe

Vieillir n'est plus que le plaisir
de ne voir dans chaque nouveau sillon
qui parchemine nos peaux
que le chemin nouveau de caresses
que carte indiquant nos îles au trésor
qui écarte le trajet de nos langues
en ruisseaux humides divergés

Vieillir n'est plus que le plaisir
de sentir ses chairs s'alourdir
au bénéfice
de savoir que l'on pèsera plus
 au cœur de l'autre
et que le poids des ans ne fait
que nous comprimer l'un vers l'autre plus fortement

Vieillir n'est plus que le plaisir
d'oser enfin
ce que l'enfance a perdu
ce que l'adolescence a refusé
ce que l'adulte a gâché
le droit absolu, au regard des autres,
d'êtres des amants indignes

Et vieillir n'est alors plus que la folie
de brûler la poudre de ses heures
sans regrets ni remords
à n'attendre que de se retrouver
sachant que seule la mort nous permettra enfin
d'être quelque part ensemble pour l'éternité,
prisonniers d'un quotidien qui n'aura pas besoin de nous tuer



***************

July 02

L'Essence de la Soie

*************
Tissant mes nuits de Chine
aux proverbes immémoriaux
navette de machine
défroisse l'empire... ta peau



Loin des douceurs acryliques
ta soie
plus qu'une caresse
plus qu'une ivresse
Un temps
loin des couleurs idylliques

Le temps n'est plus que l'instant de vivre
le temps n'est plus que le moment de toi
le temps s'acharne à s'oublier
dans la mémoire de nos fusions
le sang qui bat
les fluxions

Proche de l'exsangue
ta soie
se meut au fil du fleuve jaune
se blottit au cours du fleuve bleu
un cri
proche de l'âme des oiseaux pêcheurs de reflets sanglants...


Le cri de mourir n'est plus que l'absence
le cri de plaisir n'est plus que silence
le cri sans fin d'un poumon qui appelle
l'air brûlant du goût
poix bouillante de l' assaut
d'une citadelle qui s'ouvre

Une armée de Chrysalides
de cothurnes hérissée
hoplites en cimiers
fantômes terrassés
cadavres impavides
[...]

Ne restent du combat que la soie
son souvenir
doux comme le mirage
des peuples qui pleurent
plus qu'une espérance
la certitude
du crépuscule repoussé

D'une vie qui se dévide
à trouver son chemin
à craindre les embruns
à frissonner la froidure de l'incertain

Pour ne plus rêver que de glisser
sous un drap de soie
sauvé des cochenilles
au creux de toi


*********
June 25

Un Possible



...



La respiration coupée
comme un glaive qui décharne
un doux chariot tiré
à la sueur des larmes

L'effort
comme une nécessité
un crépuscule qui devance
la parole coupée

Les tabous plantés
aux pieds des montagnes interdites
les tambours du sang qui palpite
les rites des mystères anciens

Se tenir à genoux
devant la dévotion terrible
des lois
dont on ne cicatrise pas?


Les mots seuls en trains de nuits
celui qui dit en garde-barrière
celui qui lit en garde malade
celui qui vit patiente

Tout devient poésie de l'impossible
écrire en transgression
du dépassement de soi immobile
mouvement perpétuel de l'horloge de l'espace

Arquer le désir pour déchirer les possibles
vouloir une liberté autre que la mort
n'y a t il pas d'autre objet que soi ?

Le Soi impossible
le toi impossible
le vous impossible
aussi

Car ici les mots ne disent pas
ils ne font qu'être ressentis
en prison, nés
en tisonnier

Lecteur cannibale
lecteur rêvé
lecteur entité
lecteur entêté

Invité à un festin
dont il ne partage rien
que le fumet
excitant la mémoire de ses papilles

Caressant les impossible
dans la tiédeur obscène
du regard qui boit
et qui croit...


...


Pantoum des regards


***

Quand le désir se retire
il meurt en gerbe d'écume
tes jambes belles s'étirent
en ailes de douces plumes


Il meurt en gerbe d'écume
et devient le sédiment
en ailes de douces plumes
se déploient élégamment


Et devient le sédiment
d'un amour de dur granit
se déploient élégamment
vertige, toujours m'habite


D'un amour de dur granit
érigé comme un menhir
vertige, toujours m'habite
quand le désir se retire...


***


Vient l'écume du désir
pour mourir sur l'île nue
âge assoiffé de plaisir
je bois ta vague éperdue


Pour mourir sur l'île nue
douce brûlure d'eau salée
je bois ta vague, éperdue
lave rose cicatrisée....


Douce brûlure d'eau salée
sur la plage se noyant
lave rose cicatrisée
chaleur d'amour irradiant


sur la plage se noyant
sable chaud en devenir
Chaleur d'amour irradiant
vient l'écume du désir...



***
C.K.

Je sais quand tu me lis

Une rose d’automne est plus qu’une autre exquise.
Agrippa d’Aubigné



***

Je sais, quand tu me lis
que mes mots viennent déchirer
l'hymen de ton âme
à chaque fois renouvelé
par la virginité de l'invention

...

Je sais, quand tu me lis
que tous ces mots nous lient
corde tendue, nœud coulant
pendaison infinie
de la crémaillère de nos passés devenus notre logis

...

Je sais, quand tu me lis
la tache humide sur le ciment
qui cimente nos envies
mots-fenêtres au rebord de la vie
mon regard te fait venir au monde

...

Je sais quand tu me lis
que nous partageons le même lit
buvons le calice jusqu'à la lie
et quand le temps nous aura fait le dernier hallali
nous nous aimerons enfin libres d'éternité


***



--------------------
De la musique avant toute chose...
O ! Qui dira les torts de la rime.

Verlaine
June 19

Pantoum de Nuage

***


Mon nuage porte ces promesses
dans la rondeur de ses flancs emplis
le printemps d'un amour qui se tresse
terre labourée, sillons d'envies

Dans la rondeur de ses flancs emplis
le vent, un si doux lavis dessine
terre labourée, sillons d'envies
assoiffée d'humides sonatines

Le vent, un si doux lavis dessine
vient mouiller un banc, abandonné
assoiffé d'humides sonatines
un soir d'été se souvient, léger

Vient mouiller un banc abandonné
pleurent les frissons, vents et marées
un soir d'été se souvient léger
le temps qui passe et qui vient s'ombrer

Pleurent les frissons, vents et marées
nuage gonfle,grâce subtile
le temps qui passe et qui vient s'ombrer
d'un automne fertile, rouge d'îles

Nuage gonfle, grâce subtile
se déchire et vient répandre la pluie
d'un automne fertile, rouge d'îles
luxuriance des danses et si...

Se déchire et vient répandre la pluie
les grains font refleurir sans cesse
luxuriance des danses et si...
grande la dentelle de caresses

Les grains font refleurir sans cesse
jusque dans l'hiver qui vient enneiger
grande la dentelle de caresses
qui fait encor' blanchir mon harnais

Jusque dans l'hiver qui vient enneiger
car jamais ne se meurt le nuage
qui fait encor' blanchir mon harnais
et fait vivre l'envie du passage

Car jamais ne se meurt le nuage
des larmes évaporées sans cesse
et fait vivre l'envie du passage
mon nuage porte ces promesses

***

June 14

Je ne suis pas Duhamel..., mais j' travaille du ch'apo !!



***

Je ne suis pas Duhamel
encore moins du hameau
et je n'ai rien du chameau
ou même de l'abbé Chamelle


Je suis joueur de flûte de Hamel
je charme les petits marmots
pour dans leurs yeux fair'briller des sanglots


Non vraiment, je ne suis pas Duhamel...
encore moins du hameau
on m'a pris pour Armand Jamot
plus rarement pour Djamel


je ne suis pas le poulain d'Amélie Theuriau



Je fais pétiller les jeux d'eau de Ravel
avec des vers en touches de piano
pour faire chanter la musique que j'ai dans la peau


Non vraiment, je ne suis pas Duhamel...
encore moins du hameau
si je rate une poésie, par manque de pot
dès lors, qu'à Dieu ne plaise, me tuerai-je comme Vatel?


Au hasard je remplis mon escarcelle
je couture mes cicatrices de bande velpo
et je trace la route linéaire d'Apo


Sous le pont Mirabeau je ne bois pas de mirabelle



Non vraiment, je ne suis pas Duhamel...
encore moins du hameau
je n'écris pas la paimpolaise, kenavo
je ne suis pas, qu'à Dieu ne plaise, Théodore Botrel

Y a Alain et Olivier chez les Duhamel
Et puis Georges qu'est un vieux poteau
à gratter ma plume j'voudrais leurs biscottos


Non vraiment, je ne suis pas Duhamel...
encore moins du hameau
j'écris qu'à Dieu ne plaise, dans les trémolos,
la peau d'Ephèse et des trucs rigolos... des accords de quenelle


Si je chante cette stupide ritournelle
d'Hagondange à Palaiseaux
c'est que je ne suis pas Duhamel
et encore moins du hameau...


***


Arme moire



***


C'est une armoire éventrée
par la mitraille des ans
bois vermoulu picoré
dont le vernis se lézarde

Ces tiroirs dissymétriques
aux jointures défaillantes
tirent leur langue au passé
dans le présent édenté

Et dans le tiroir du haut
des draps tachés et froissés
repliés en ossuaires
témoins muets et complices
des étreintes solitaires

Où deux cœurs venaient s'amarrer

Dans le tiroir du milieu
sur un papier fort hideux
jaune du temps des étoiles
sec du temps du marché noir

Une paire de gants noirs de dentelle

Et dans le tiroir du bas
un nécessaire à couture
si propre à rafistoler
notre mauvaise mémoire

Des ciseaux rouillés et une bobine de bois

la dorure des poignées
est depuis longtemps passée
le vernis des apparences
craquèle sous le regard

Si j'avais de l'humour j'aurais
signé
Bernard Buffet
ou mieux...
Jean Dubuffet

***

El Dorado


***

Moi
j'ai trouvé l'or de ses cheveux
et l'émeraude de ses yeux
de la douceur dans ses adieux
dans ses bonjours, dans ses bon Dieu

Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso
chercher, toujours, ce qu 'il y aurait de plus beau
Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso
me brûler le cœur à rêver l'El Dorado

Moi
J'ai goûté les mille baisers
que sa bouche a enfin osé
j'ai trouvé le miel et l'été
le vent du large à ses cotés

Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso
chercher, toujours, ce qu 'il y aurait de plus beau
Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso
me brûler le cœur à courir l'El Dorado

Moi
j'ai essuyé ses coups de sang
ses coups de peur, ses coups de vent
ses déserts, carême prenant
ses larmes ses drames souvent

Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso
chercher, toujours, ce qu 'il y aurait de plus beau
Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso
me brûler le cœur à voler l'El Dorado

Moi
J'ai jeté l'ancre dans sa baie
j'ai jeté l'encre des rabais
j'ai jeté l'anse des regrets
me gravant en son cœur de grès

Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso
chercher, toujours, ce qu 'il y aurait de plus beau
Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso
me brûler le cœur à bercer l'El Dorado...

Moi
Je ne navigue plus vraiment
que pour suivre un nuage blanc
il est mon cap, ma pluie, mon vent
mon étoile, mon engoulevent

Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso
chercher, toujours, ce qu 'il y aurait de plus beau
Pourquoi irais-je de Nantes à Valparaiso
me brûler le cœur à pleurer l'El Dorado...


***


May 29

Marine à Voiles





La magie de la voile qui se tend
vers l'horizon toujours désiré
au vent puissant des dérives

Ressac
rythme infini
les embruns y font l'amour
avec la plage
et jouissent d'écume

Conque
au son grave
et nécessaire
corne de brume
sémaphore du vouloir

Désir
tendu
en figure de style
désir
tendu
en figure de proue

J'ai toujours chéri la mer
et ses caresses
et ses sirènes
moi l'Ulysse
enchainé au gourvernail


Je ne serai jamais Jim Hawkins
je n'ai pas quitté l'Amiral Penbow

Je ne serai jamais Billy Budd
je ne suis que gabier de misère

Je ne serai jamais Lord Jim
même si j'ai abandonné mon Patna
moi aussi

Je ne suis qu'une sorte de Corto Maltese qui écrit
et qui rêve de marine à voile
de pont que l'on brique
de hunier et de nid de pie
et à peine aimerai-je un steamer

et les femmes sont des océans............

Officier de marine marchande
à la barre d'un vieux cargo
je rêve de pirateries, de contrebandes
de Nantes à Valparaiso








Et se tait à mes songes
le sang des suppliciés
des mousses violés
des bois d'ébêne enchainés
du fouet des quartier maitres
des épices volées
des pendus aux grandes vergues
des scorbuts assassins
des boulets éventreurs
de mitraille
triste vitrail
de vérité






Illustrations de François Bourgeon




May 28

Décharmé de la mode


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Trouver de la beauté

dans les rides qui creusent
dans les chairs épanouies
dans la peau qui parchemine
dans les rondeurs de la vie

dans l'être et sa substance
dans les joies, les peines
les tourments

Accepter le temps qui passe
la maturité resplendissante
le galbe d'une hanche
un sein alourdi


Charger enfin la vieillesse
et les corps arrondis
de la torpeur qu'ils méritent
du droit à l'extase

Pour cela il suffit
d'arrêter de nier
l'issue qui nous guette
stylistes, osez enfin

habiller nos crépuscules
qui sont
je l'affirme
des couchers de soleil
May 21

Il me manque


Il me manque

Il me manque ton parfum
harmonie de l'essence
d'un encens qui brûlerait
au temple du silence

L'acanthe et la myrrhe
les trésors de l'Arabie
le nard et l'aloès
embaument mon roseau odorant d'envies

De rose, d'iris, de lys, et de jasmin
des péristyles de Corinthe
impuissants souverains d'alabastres
ne peuvent remplacer, en vain, ma complainte

Le souvenir de ta fragrance
danse le romarin
la fleur d'oranger aux alcools éthyliques
au sel de ta peau comme un suc marin

Me ganteras tu de vanille
aux jours déjà prochains
où le gingembre et le musc, l'ambre gris des cachalots
fougères boisées d'une forêt d'embruns

Epouseront le miel, le tabac, le bouleau
en tapis de senteurs
nos corps volatils, excipients humides
pour l'âcreté des douceurs

Nous jouerons la mélodie entêtante
peuplée de notes de tête, de notes de cœur
de notes de fond qui du frangipanier
jusqu'à la bergamote apaisent la peur

De tes yeux coulent les eaux légères
des miens les eaux solides
qui font de nos rancœurs la toilette
et caresse d'huile l'essentiel de nos vides

Ton manque me remplit
mystique quête odorante
tes parfums comme instrument
ton souvenir... une errante

...
May 19

Baltique


Lagerkvist
 
 
 
 
 
 

A peine
anobli
par son Nobel

Pär Lagerkvist


mangea une sardine

Lagerkvist,

ça n'est pas une sardine

qu'il a mangé
mais
un hareng de la baltique


Charles Trenet ensommeillé
au guéridon d'un futur
glacé
déshabilla une sardane

Mais jamais Trenet n'aurait déshabillé
une sardane
un sarde
éventuellement
mais pas une sardane

Tristan Tzara
en
longilignes agapes
l'eau minérale s'esclaffe
Sardanapale!!

Il ne saurait être
réponse à la chute du dollar
que Tristan Tzara
aille
ailleurs qu'en Sardaigne


les murs de la pensée
sont des soufflets
que je perce
de ma sarbacane

Mécanique gonflée
prêt' à se dérouter
au pèse personne
d'un arbre à came

Entre deux cafés
d'art et essai
Georges Clooney
séduit en sarabande

Et le mai
de la place des folles
embaumé
danse un tango incertain

...
May 16

Beau mois de mai, charmant et gai



m68pf
 
 


De cette montagne ne subsiste qu'un col
mais c'est un col
Mao

De cette tempête ne subsiste qu' un vol
mais c'est un vol
de gerfaut

De cette aubade ne subsiste qu'un souvenir
mais c'est un souvenir
nostalgie

Mon père était en grève
je n'ai mangé
pendant un mois
que des spaghettis

On allait aux courses
dans des camions militaires
j'avais sept ans
je jouais à la guerre

Les poubelles s'amoncelaient
je ne savais pas encore
qu'elles deviendraient
notre modèle
de société

...
May 15

Mais où sont les fesses d'antan


A François Villon...








Dites moi où, en quel pays
vivons nous, et en quelle époque
quand la chair se fait rabougrie
silhouettes étiques de toc
à la maigreur, bonheur on troque
à la minceur vont les serments
sous ma dent, plus rien je ne croque

mais où sont les fesses d'antan?

Ô Rubens, rondeurs infinies
mes mains emplies, viens je t'estoque
ô Boucher jolie boucherie
les culs ronds durcissent mon roc
tels les seins, les ventres ad hoc
plaisir des yeux, commencement
de cette jouissance baroque


mais où sont les fesses d'antan?


Sous les robes enfin rebondies
oscillent les deux pendeloques
dont le mouvement me ravit
et m'en fait rêver la défroque
briser mes œufs à ces deux coques
les honorer absolument
callipyges sans équivoque


mais où sont les fesses d'antan?


Mais ma divine comédie
en enfer brûle sacrément
Diététique tue mes envies

mais où sont les fesses d'antan?


...


Ballade de l'étambot




Ecoutez amis, frères en poésie
la ballade ici, gravée en cursive
à la pointe douce, ciseau des envies
trouvant l'étambot des vieilles dérives
car moi qui jadis courait les lascives
les gueuses allant biques, même les pintades
en danses joyeuses, le style en bravade
sans la moindre foi, bref irrémissible
jusqu'à ce que toi, désarme l'alcade

ne te savais pas, mon amour, possible



En lettres de feu, Parnasse gravi
mes mots sont venus mourir à ta rive
langage en épave étrave engloutie
au ressac cinglant, écume en missives
folie est poison, meurt notre qui-vive
mais les mots-prisons cerclent l'algarade
tombe en pâmoisons, et meurt l'ambassade
des malentendus oser le tangible
déchirer le voile, oser l'embrassade

ne te savais pas, mon amour, possible


Ton amour fusion, baiser minutie
mon amour de fer, viens que je t'écrive
ton amour épreuve, viens que je t'envie
mon amour pervers, ton jeu me ravive
ton amour d'enfer, mon âme est captive
mon amour espère, jouer l'embuscade
ton amour revers, terrain d'escapade
mon amour avers, tendre et permissive
ton amour de lave marquise de Sade

ne te savais pas, mon amour, possible


Chaque nuit qui passe, j'attends l'empoignade
et mes reins blessés fatiguent l'aubade
de ton corps baisé d'un rythme invincible
quand enfin nos heurts portent l'estocade

ne te savais pas, mon amour, possible


...


May 01

Pantoum érotique 4




Tellurique


Je ferai de ton ventre mes jardins
propres à faire fleurir mes semences
grondent tes antres à mon jeu libertin
s'offrent ainsi les frasques de nos sens


Propres à faire fleurir mes semences
ondulent tes monts et tes sillons
s'offrent ainsi les frasques de nos sens
de ta bouche à ta colline de Sion


Ondulent tes monts et tes sillons
et mon soc creusant tes glaises humides
de ta bouche à ta colline de Sion
je sarcle et je bine tes flores avides


Et mon soc creusant tes glaises humides
croît la chaleur de ta géothermie
je sarcle et je bine tes flores avides
en ingénieur de ton agronomie


Croît la chaleur de ta géothermie
au pied de ta forêt, j'hume l'humus
en ingénieur de ton agronomie
ma bouche laboure au son d'l'angélus


Au pied de ta forêt, j'hume l'humus
âcres senteurs m'enivrant de tes rides
ma bouche laboure au son d'l'angélus
tes mousses humides aux plis si avides


Acres senteurs m'enivrant de tes rides
explorant secrètes vallées de chair
tes mousses humides aux plis si avides
terres fatiguées, j'ose les jachères


Explorant secrètes vallées de chair
sens le manche de mon outil habile
terres fatiguées, j'ose les jachères
tes terres brûlées seront plus fertiles


Sens le manche de mon outil habile
lui, dans tes trois grottes, se stalagmite
tes terres brûlées seront plus fertiles
en toi, et sodomite et troglodyte


Lui, dans tes trois grottes, se stalagmite
et jaillit sa lave en fusion, festin
en toi, et sodomite et troglodyte
Je ferai de ton ventre mes jardins

...


April 28

Chaconne, avec basse obstinée



Je fais la bure
je fais la bure
je fais la bure dont les moines sont rois!

Au joli temps jadis
bergers et pastourelles
parmi les champs, les lys
au son des tarentelles
des guerres et des haines
pourchassaient les nuages
de leur mauvaise haleine
dents pourries en barrage

Je fais la bure
je fais la bure
je fais la bure dont les moines sont rois!

En tableaux de Watteau
de Poussin de Boucher
vieillards et marmots
du lever au coucher
s'astreignaient à la tâche
petits travaux menus
verte morve en moustache
et puis la crotte au cul

Je fais la bure
je fais la bure
je fais la bure dont les moines sont rois!

Gracieuse marquise
mouche sur teint poudré
épaule offerte exquise
alanguie et pâmée
diaphane au revers
au jeu d'amour rompue
baisers au goût de glaires
corolle zébrée de pus

Je fais la bure
je fais la bure
je fais la bure dont les moines sont rois!

Donc aux fêtes galantes
osons la ritournelle
invitées sont les lentes
tournent les écrouelles
et l'odeur de fromage
dans les apoplexies
des pieds monte en hommage
pauvre prophylaxie

Je fais la bure
je fais la bure
je fais la bure dont les moines sont rois!


...
April 19

Aimer Césaire

 

Aimer Césaire


Il ne faut plus
attendre


pour aimer Césaire


il ne faut plus
comprendre


pour aimer Césaire


il ne faut plus


juste le lire

il est vivant

on peut
pour toujours


aimer Césaire


...


Danse


dans la savane
la mémoire
ensanglantée


Danse


dans la savane
les tourments
de Gorée


Danse


la musique de son chant
à jamais ensorcelé
qui fait de la gazelle
au pas rythmé
un lion rugissant
de la métamorphose


libérateur des consciences
neg' marrons
homme noir
étendard
de tous les hommes


....

Mégamylase

 

Mégamylase
Champs sémantiques reconnaissables 1


Les Nourritures Terrestres d'André Gide

Lire attentivement la notice

Composition qualitative et quantitative pour l'édition reliée:
3000 U. CEIP
soit 2142.9 unités pharmacopées européennes
Forme pharmaceutique:
Edition reliée 246 pages
Prix éditeur : 4.42 euros - Prix alapage.com : 4.2 euros
ISBN : 2070361179

Classe pharmaco-thérapeutique:

concepts à visée inflammatoire
Dans quels cas utiliser Les Nourritures Terrestres:
Les Nourritures Terrestres sont indiquées dans les maux de tête
peu intenses et sans fièvre de l'adulte.

Attention!

Dans quels cas ne pas utiliser Les Nourritures Terrestres
(CONTRE-INDICATIONS)

Les Nourritures Terrestres ne doivent pas être utilisées
dans les cas suivants:

-antécédents d'allergie aux Caves du Vatican
-Zarathoustra des campings
-ahurissements, pleins de trous, de manques, mais aussi d'amusements,
de bizarrerie et de réussites partielles.

Précaution d' emploi:

Les Nourritures Terrestres d'André Gide ne sont pas adaptées
aux enfants de moins de douze ans.
En cas de survenue de fièvres
et/ou
en cas d'apparition
de nouveaux troubles
d'expectorations expectatives
d'une gêne à la déglutition des pages
Consulter votre conscience

Ne pas utiliser Les Nourritures Terrestres d'André Gide
de façon
prolongée
sans avis personnel
En cas de doute
n'hésitez pas
à consulter
Wikipédia

Interactions:

Afin d'éviter d'éventuelles
interactions entre
plusieurs ouvrages
il faut signaler
systématiquement
toute autre lecture
en cours
à votre conscience

Grossesse-Allaitement:

Il est préférable
de ne pas
utiliser
Les Nourritures Terrestres d'André Gide
pendant la grossesse

Si vous découvrez
que vous êtes enceinte
pendant la lecture
consultez
votre directeur
de conscience
car lui seul
peut juger
de la nécessité
de la poursuivre

Comment utiliser Les Nourritures Terrestres d'André Gide:

Reservé à l'adulte

Trois fois par jour entre les repas
voie orale, anale ou écrite
avaler sans croquer
avec un verre d'eau

Effets non souhaités et gênants:

- saignement des gencives,
- saignement du nez,
- risque de présence de sang dans les urines,
- règles abondantes,
- apparition d'hématomes.

Précautions particulières de conservation:

Entre Proust et Mauriac
à une température inférieure
à 25°C.
...

April 16

Le plan de l'elliptique



Je dors. C'est déjà demain.

je vagis sur les sentiers de l'abandon
avant que de murer mon silence

Je dors. C'est déjà demain.

La peur du regard qui transperce
le genou ouvert jusqu'à l'os

Je dors. C'est déjà demain.

Compagnon de mon père à chemise de carreaux
dans le jardin des oiseaux morts

Je dors. C'est déjà demain.

J'escalade les marches du sens, quatre à quatre
le souffle expiré, deux fois plus qu'il n'inspire

Je dors. C'est déjà demain.

Soldat d'une armée d'occupations diverses
je monte la lame jusqu'à la garde

Je dors. C'est déjà demain.

Je rejoins l'odeur des pluies de leur enfance
la trompette et l'orgue s'estompent

Je dors. C'est déjà demain.

A l'hôtel des trois faisant sans maitre jojo
ni mettre pierre, je collectionne les impatiences

Je dors. C'est déjà demain.

Travailleur immigré qui glisse dans la colonne vertébrale
chaque matin que Dieu fait

Je dors. C'est déjà demain.

Elle vient enfin, me met en déroute
je n'y vais pas par quatre chemins

Je dors. C'est déjà demain.

Bientôt au jardin qui cultive le souvenir
je pousserai en fleur de pierre

Je dors. C'est déjà demain.

Je pourrirai en oubli, goutte de poussière
perdu dans l'infini, devant les ponts

Je dors. C'est déjà demain.

...

seche_linge_TDC70145E.jpg

Copenhague 3



Le Manneken Pis Danois


Vêtu des habits neufs de l'empereur touriste
me sentant veuf parmi les bœufs d'un troupeau triste
vilain petit canard, un peu bégueule, anar
longeant les quais vers le Kastellet sans drakkar
croisant cygnes sauvages, belles reines des neiges
bergères sans ramoneur au bonheur cortèges
des petites filles à l'allumette allumeuse
le soleil froid de Copenhague l'enjôleuse


Déambulant et bullant sur Langelinie
seul dans la file de pèlerins infinie
précédé et suivant la théorie de fions
s'extasiant devant la fontaine de Géfion
parmi les imbéciles, et tout aussi con
devant ce bronze inutil', digne d'un étron
jusqu'à la nausée dans cette foule compacte
j'arrive enfin aux escaliers de cataracte


Déversant ses flots d'allemands parlant des mains
d'italiens disciplinés aux regards déteints
d'américains cultivés, japoniais nikkon
de riches nouveaux russes en ruches si bouffonnes
océan avide qui tourne à vide et tonne
qui salit de son écume la statue qu'elle viole
minuscule enfant décapitée, effrayée
d'être un symbole, rêvant d'être simple objet



Tu n'es pas vraiment belle, toi qui se décline
s'étiole agonise et meurt en merchandising
ne suis pas vraiment beau qui moi aussi m'incline
et bêle à ta beauté en remarques bovines
me souviens de la boutique de souvenirs
que je voudrais oublier, voire même fuir
peut on jamais assouvir sa faim délétère
doit on payer pour la mémoire mise en bière?



...

April 08

Que l'Apnée soit sur le monde




L'Apnée sur le monde

chanson à poire

Que l'apnée soit sur le monde
pour les cents millions de haines
dons, nés mous, mille hécatombes
à tous les sommeils lavant

Dons, nés mous, mille hécatombes
et d'émissions d'ires, rondelles
fête un jour, que tous les rhums
nous adviennent pour cent ans

Deux mains c'est tout
et demain plus de terre

deux mains, atouts
les cantons
dormiront sous les pleurs
un comble joli est un comble
où l'on lit sans heurts

Mireille en verdît
Miracle en verlan
oracle établi
en bêlant


...
March 20

Abolition



Quitte ce chemin de fer
éclabousse ton encre
d'obscurité

cache toi
pour te montrer
ce à quoi servent les masques

Quitte tes broderies
de menthe et de sauge
désarticule tes herbes langagières

Fait de ton désir un tramway
une poitrine qui se déchire
en appelant les étoiles

Toi qui vis sur la place
aux grilles dorées
ville féale de ma cité

Le trajet, métonymie du temps
la poésie, paronymie du sens
l'écriture, toponymie du vent


...

March 09

Armes de fiel



femme larmes rimmel
 
 


Larmes de chiffon
larmes de salades
larmes de prison
de panier à salades

Larmes à l'œil
sans payer
larmes d'écueil
larmes d'écumes

Des larmes au rire au larmes
qui désarme
tristesse passée par les armes
passant
larme à gauche


L'arme des mots qui exécutent
l'arme des rires qui transpercent
l'arme du mépris qui s'acharne
l'arme de la rancœur sans cœur


Je n'ai jamais aimé
le bruit des armes
qui fauchent les âmes
des nuages fusillés

Je n'ai jamais aimé
le bruit que fait la haine
les sentences, les peines
les viols d'intimité

 
untitled
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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